L’unique abattoir de Bouar, dans la Nana-Mambere, fonctionne dans des conditions precaires depuis plusieurs annees. Absence de materiels de protection, controles veterinaires a l’oeil nu, transport des carcasses par triporteurs de particuliers : le responsable de la structure et des habitants tirent la sonnette d’alarme.
Rodrigue Ndoye-Bebe, responsable de l’abattoir de Bouar, est direct : « Il n’y a pas de materiels appropries : ni gants, ni bottes, ni blouses. Et pour transporter les carcasses jusqu’au marche, ce sont des particuliers qui amenent leurs triporteurs. » Les infirmiers veterinaires procedent aux controles sanitaires a l’oeil nu, faute d’equipements adequats.
Des habitants interroges confirment la situation. Julienne, mere de famille, rapporte que « l’endroit degage de mauvaises odeurs » et que certains bouchers, blesses lors des abattages, continuent de travailler sans pansement. Les appels lances aux autorites locales n’ont, selon elle, genere aucune reponse concrete.
Construite il y a plusieurs decennies, l’infrastructure est situee a l’ecart des habitations, pres d’une riviere, mais n’a pas beneficie d’investissements d’entretien ou de modernisation depuis longtemps. Rodrigue Ndoye-Bebe appelle les autorites locales et les ONG a rehabiliter l’abattoir et a etendre son aire de travail. Pour les observateurs, cette situation illustre les risques sanitaires que fait peser l’inaction sur la sante des consommateurs de viande bovine dans toute la region ouest du pays.
