À une vingtaine de kilomètres de Bangui, dans la localité de Liton, des engins de chantier redessinent depuis plusieurs semaines le paysage. C’est là que doit sortir de terre le centre technique de football féminin Faustin-Archange Touadéra, un projet présenté comme l’un des plus ambitieux jamais lancés pour le sport féminin centrafricain. Deux terrains aux normes FIFA, un dortoir de soixante chambres, une infirmerie, un gymnase et un bâtiment administratif composent l’ensemble, selon les informations rapportées par Africa24 TV.
L’objectif affiché dépasse le seul entraînement quotidien : préparer une génération de joueuses en vue de la Coupe du monde féminine de 2027. Le projet prévoit de mêler footballeuses de la catégorie U-20, formées localement, et joueuses centrafricaines expérimentées évoluant dans la diaspora, dans une logique de montée en niveau accélérée.
Un chantier au milieu des obstacles structurels
Ce centre s’inscrit dans une stratégie plus large de la Fédération centrafricaine de football, qui multiplie depuis plusieurs mois les annonces autour de la formation des jeunes, des académies et des infrastructures. Une dynamique qui tranche avec les difficultés chroniques du football centrafricain : absence de stades homologués par la Confédération africaine de football, financements limités et manque récurrent de matériel sportif, des freins documentés de longue date par la presse locale.
Reste à savoir si le calendrier du chantier de Liton sera tenu et si les moyens financiers suivront les annonces. Aucune date d’achèvement officielle n’a pour l’instant été communiquée. Le suivi de ce dossier, notamment le financement précis du projet et l’identité des partenaires impliqués, mériterait d’être vérifié directement auprès de la Fédération centrafricaine de football avant publication.
Pour le football féminin centrafricain, encore peu structuré à l’échelle nationale, l’enjeu dépasse la seule performance sportive. Il s’agit aussi de créer un cadre stable susceptible de retenir localement des jeunes joueuses tentées par un départ précoce vers l’étranger, et de donner une vitrine à une discipline longtemps restée en marge des priorités fédérales, derrière le football masculin. La réussite de ce pari dépendra largement de la capacité de la fédération à maintenir l’effort dans la durée, au-delà de l’effet d’annonce entourant le lancement du chantier.
Source : Africa24 TV, « Centrafrique : un centre pour structurer le football féminin », https://africa24tv.com/centrafrique-un-centre-pour-structurer-le-football-feminin/
