Football centrafricain : la fédération mise sur la refondation pour viser une première historique à la CAN

Jamais qualifiée pour une phase finale de Coupe d’Afrique des nations depuis son affiliation à la CAF, la République centrafricaine tente de transformer une réforme institutionnelle en tremplin sportif. Depuis la réélection de Célestin Yanindji à la présidence de la Fédération centrafricaine de football (FCF), lors d’une assemblée générale élective, le comité exécutif a été partiellement renouvelé, avec l’arrivée de nouveaux membres chargés de professionnaliser la gouvernance du football national.

Un championnat repensé

Signe concret de cette réorganisation : la saison 2025-2026 a vu naître la Super League, nouveau format du championnat national de première division, appelée à remplacer la Ligue de Bangui qui faisait jusque-là office de compétition nationale par défaut, faute pour la fédération d’organiser un vrai championnat à l’échelle du pays. L’objectif affiché est de densifier la vie footballistique dans les provinces et d’élargir le vivier de joueurs disponibles pour l’équipe nationale, les Fauves de Bas-Oubangui.

Mais les obstacles restent nombreux : absence de stades homologués aux normes de la CAF, financement erratique, matériel insuffisant. Ces contraintes matérielles limitent depuis des années la capacité de la sélection à préparer sereinement ses campagnes de qualification, notamment pour la CAN et pour les tours préliminaires de la zone Afrique centrale. La fédération affirme vouloir s’appuyer sur les compétitions continentales à venir, dont le calendrier a été fixé par la Confédération africaine de football pour la période 2026-2027, pour donner un cap clair à la sélection.

Le pari est aussi symbolique : alors que le continent suit la Coupe du monde 2026, la RCA espère que la structuration en cours de sa fédération et de son championnat lui permettra, à moyen terme, de rejoindre les nations qui disputent régulièrement les grands rendez-vous africains.

Cette ambition reste toutefois tributaire de la capacité de la FCF à transformer ses annonces en résultats durables. Par le passé, plusieurs plans de relance du football centrafricain se sont heurtés au manque de continuité dans le financement et à l’instabilité institutionnelle du pays. Les observateurs locaux estiment que la crédibilité de la nouvelle direction se jugera moins sur ses discours que sur sa capacité à organiser une Super League complète sur toute une saison et à présenter une équipe nationale régulièrement rassemblée pour ses échéances internationales, deux conditions jusqu’ici difficiles à réunir simultanément.

Sources : Oubangui Médias (oubanguimedias.com, 9 juillet 2026) ; Fédération Centrafricaine de Football ; CAF Online (cafonline.com).

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