Après l’attaque d’Am-Dafock, Bangui et N’Djamena à couteaux tirés sur fond de crise humanitaire

La frontière entre la Centrafrique, le Tchad et le Soudan reste sous très haute tension à la mi-juillet, une semaine et demie après une attaque meurtrière contre la ville d’Am-Dafock, dans le nord-est du pays. Selon des sources locales citées par Radio Ndeke Luka, l’assaut mené le 30 juin par des éléments de l’Alliance pour un sursaut patriotique (ASP), une coalition de groupes armés, a fait au moins 28 morts et 25 blessés, les cas les plus graves ayant été évacués vers les hôpitaux de Birao et de Bria.

Selon plusieurs sources militaires centrafricaines, les assaillants seraient appuyés par des éléments des Forces de soutien rapide (FSR) venues du Soudan voisin, où ce groupe paramilitaire est engagé dans la guerre civile qui déchire le pays depuis 2023. L’état-major des Forces armées centrafricaines (FACA) affirme avoir repris le contrôle de la zone grâce à des frappes aériennes et des opérations de ratissage menées conjointement avec la mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) et des éléments militaires russes présents dans le pays. Les Nations unies ont par ailleurs fait état de trois Casques bleus blessés dans une attaque visant la Minusca dans la même zone.

Le Tchad dément toute implication

Les combats ont provoqué d’importants déplacements de populations civiles, en majorité vers la ville voisine de Birao et vers les abords de la base de la Minusca à Am-Dafock. Bâtiments administratifs, habitations et structures de santé y ont été systématiquement pillés, rendant l’accès aux soins quasiment impossible pour les habitants restés sur place.

Dans ce climat de suspicion régionale, le ministère tchadien des Affaires étrangères a publié le 3 juillet un communiqué au ton inhabituellement ferme, rejetant catégoriquement toute implication de N’Djamena dans un projet de déstabilisation de son voisin centrafricain. Les relations entre les deux pays, anciennes et denses, restent marquées par une frontière poreuse, la présence de réfugiés centrafricains en territoire tchadien et la vigilance de N’Djamena à l’égard de l’influence croissante d’acteurs extérieurs, notamment russes, dans les affaires de Bangui.

Sources : Radio Ndeke Luka, « Centrafrique : près de 30 morts à Am-Dafock toujours sous contrôle des rebelles » — https://www.radiondekeluka.org/102321-centrafrique-pres-de-30-morts-a-am-dafock-toujours-sous-controle-des-rebelles ; ONU Info, « Centrafrique : trois Casques bleus blessés dans une attaque contre la Minusca », juillet 2026 — https://news.un.org/fr/story/2026/07/1159089 ; Afrique Confidentielle, « Tchad : N’Djamena rejette les accusations de déstabilisation de la Centrafrique », 5 juillet 2026 — https://afriqueconfidentielle.com/fr/afrique/tchad-ndjamena-rejette-les-accusations-de-destabilisation-de-la-centrafrique/

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