La région du Mbomou, dans le sud-est de la République centrafricaine, reste confrontée à une recrudescence des enlèvements attribués à des éléments présumés de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), le groupe armé ougandais dirigé par Joseph Kony, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale. Le 21 juillet, plusieurs personnes ont été enlevées à Nzako, selon des sources locales citées par Radio Ndeke Luka. Au moins quinze d’entre elles sont parvenues à s’échapper de leurs ravisseurs et à regagner la ville, a indiqué la maire de Nzako, Hadja Kaltouma, tandis que plusieurs autres otages demeuraient toujours en captivité.
Une semaine plus tard, un nouvel enlèvement a été signalé dans la même zone. Le 27 ou le 28 juillet, quatorze personnes, dont onze mineurs, ont été kidnappées dans le village de Konon, situé à une quinzaine de kilomètres de Nzako, par des hommes armés également assimilés à la LRA, selon des informations relayées par Radio Ndeke Luka. Cet enlèvement fait suite à plusieurs autres cas signalés ces dernières semaines dans le Mbomou et la Haute-Kotto voisine, notamment à Yalinga, touchant principalement des adolescents.
La Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) a fait part de sa préoccupation face à la situation humanitaire et à la multiplication de ces enlèvements de civils dans l’est du pays. Les autorités locales de Nzako ont, de leur côté, appelé Bangui à renforcer la présence sécuritaire dans la localité pour contrer ces incursions récurrentes. Le Conseil de sécurité des Nations unies a par ailleurs reconduit, fin juillet, pour un an supplémentaire, via la résolution 2827 adoptée à l’unanimité de ses quinze membres, les sanctions visant les groupes armés actifs en République centrafricaine, ainsi que le mandat du groupe d’experts chargé d’en surveiller l’application, jusqu’au 31 juillet 2027.
La LRA, active dans plusieurs pays d’Afrique centrale depuis près de deux décennies, a considérablement réduit son emprise territoriale ces dernières années sous la pression des forces régionales, mais continue de mener des raids de faible ampleur, essentiellement fondés sur l’enlèvement et le pillage, dans les zones reculées où la présence de l’État reste ténue. Les régions du Mbomou et de la Haute-Kotto, frontalières de la République démocratique du Congo et du Soudan du Sud, restent parmi les plus exposées à ces incursions, loin des grands axes routiers et des principaux postes de sécurité déployés dans le pays.
Sources : Radio Ndeke Luka (radiondekeluka.org).
