Centrafrique : la gestion financière du football national de nouveau pointée du doigt

Alors que les Fauves de Bas-Oubangui tentent de redonner une crédibilité sportive au football centrafricain, c’est une nouvelle fois la gestion de l’argent public qui ternit l’image de la discipline. Selon une enquête publiée le 9 juillet par Oubangui Médias, deux ordres de paiement, l’un de 19 millions et l’autre de 21 millions de francs CFA, soit 40 millions au total, ont été émis par le Trésor public à l’occasion des matchs comptant pour le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) opposant la Centrafrique à la République démocratique du Congo.

Selon les informations recueillies par le média, la gestion de ces deux ordres de paiement reste opaque : la Fédération centrafricaine de football (FCF) n’aurait pas été informée du décaissement par le chargé de mission jeunesse, cité sous le nom de Daniel Nzewe. Un responsable identifié comme Arsène Ngrepayo aurait pour sa part indiqué qu’un reliquat de 32 millions de francs CFA se trouvait toujours dans son bureau. Convoqué par le ministre des Sports pour restituer cette somme, il ne l’aurait toujours pas reversée au Trésor public plusieurs jours après la sommation, selon la même source.

Un problème récurrent

Ce nouvel épisode s’ajoute à une longue liste de contestations autour de la gouvernance du football centrafricain, alors que la fédération affirme vouloir profiter d’un « sursaut institutionnel » pour offrir au pays sa première qualification historique à une phase finale de CAN. Depuis la création de la compétition, les Fauves de Bas-Oubangui n’ont en effet jamais réussi à se hisser jusqu’à la phase finale du Championnat d’Afrique des nations, un objectif que la fédération dit vouloir enfin atteindre à la faveur d’une réforme de sa gouvernance.

Ces soupçons de mauvaise gestion des fonds destinés aux compétitions sportives interviennent alors que la Banque mondiale a, selon un article distinct publié par Corbeau News Centrafrique le 19 juillet, récemment dénoncé un manque de transparence dans la passation des marchés publics en République centrafricaine de manière plus générale. Ce rapprochement, qui reste à documenter précisément par un rédacteur, illustre en tout cas la défiance croissante entourant la gestion des deniers publics dans le pays. Les autorités sportives centrafricaines n’ont pas communiqué publiquement sur le dossier des 40 millions de francs CFA à ce stade.

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