Une cinquantaine d’hommes lourdement armés ont fait irruption pendant plus d’une heure dans le village de Djabarona, également connu sous le nom de Bouboui, situé au PK 45 sur la route de Boali, à environ 45 kilomètres de Bangui, rapporte Corbeau News Centrafrique dans un article publié le 16 juillet. Les assaillants ont dérobé téléphones portables et batteries de recharge avant d’enlever de force plusieurs habitants, dont deux hommes identifiés par le média sous les prénoms de Djimé et Djibrine, ainsi que plusieurs jeunes filles.
Selon le média, l’attaque s’est produite malgré la présence, à l’entrée comme à la sortie de la zone, d’un poste de gendarmerie et d’un barrage tenu par les Forces armées centrafricaines (FACA) et la police, qui ne seraient pas intervenus. Deux jours plus tôt, le même groupe avait déjà fait irruption près du marché à bétail local, s’emparant de 71 têtes de bœufs et réclamant une rançon d’un million cinq cent mille francs CFA pour leur restitution. Poursuivant leur progression vers la ville de Boali, les assaillants y auraient ensuite fait quatre morts et cinq blessés, toujours selon la même source.
Fait troublant relevé par Corbeau News Centrafrique : plusieurs habitants de Djabarona affirment avoir entendu, dans les 72 heures précédant l’attaque, des rumeurs annonçant précisément l’arrivée des assaillants dans leur village. Ces rumeurs, d’abord accueillies avec scepticisme, se sont révélées exactes, ce qui interroge sur les capacités d’anticipation et de réaction des forces de sécurité présentes sur zone malgré leur proximité immédiate avec les lieux de l’attaque.
Cette séquence intervient dans un contexte de tensions sécuritaires déjà signalées à plusieurs reprises ces derniers mois sur cet axe stratégique menant à Boali, dans la préfecture de l’Ombella-M’Poko, une zone qui avait déjà connu un « regain de violence » rapporté par Radio Ndeke Luka. Les habitants de la zone, qui compteraient environ 4 000 personnes selon des relevés antérieurs, ne disposent par ailleurs d’aucun centre de santé public à proximité immédiate, ce qui aggrave leur vulnérabilité face à ce type d’exactions.
