Frontière avec le Cameroun : les FACA désarment des militaires camerounais à Gasol

Un nouvel incident est venu raviver, début août, les tensions frontalières entre la République centrafricaine et le Cameroun. Des soldats camerounais ont été désarmés par les Forces armées centrafricaines (FACA) après avoir été surpris en opération dans le village de Gasol, à environ six kilomètres de Cantonnier, dans la préfecture de la Nana-Mambéré, selon des sources locales citées par Camer.be.

Les éléments des FACA déployés dans un poste avancé de la zone ont considéré la présence de ces militaires, engagés selon leurs dires dans un « contrôle de routine », comme une incursion irrégulière sur le territoire centrafricain. Ils ont procédé à leur désarmement ; les armes saisies sont pour l’heure conservées par les autorités centrafricaines, dans l’attente de l’issue des discussions entre les deux pays. Aucun affrontement armé ni perte en vies humaines n’a été rapporté.

Un contentieux frontalier qui remonte à 2013

L’épisode s’inscrit dans un différend frontalier ancien entre Bangui et Yaoundé, que les autorités centrafricaines font remonter à 2013 et qu’une commission mixte transfrontalière n’est jusqu’ici pas parvenue à résoudre. « Depuis 2013, un différend frontalier oppose la RCA et le Cameroun, avec ce que nous considérons comme une occupation illégale d’une partie de notre territoire par la partie camerounaise », a expliqué le maire de Koundé, Yaouba Zédou, cité par Camer.be, précisant qu’une réunion de haut niveau entre autorités des deux pays était prévue le mardi suivant pour tenter de désamorcer la crise.

Ce n’est pas la première fois que des militaires traversent cette frontière poreuse dans un sens ou dans l’autre : en décembre 2020, environ 127 soldats centrafricains s’étaient réfugiés en territoire camerounais avant d’être désarmés et pris en charge par l’armée locale. Les autorités locales des deux pays ont engagé des démarches pour apaiser la situation, dans une région où la fragilité sécuritaire pourrait, selon plusieurs observateurs, profiter aux groupes armés actifs de part et d’autre de la frontière.

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