Depuis près d’un mois, les files d’attente s’allongent devant les stations-service de Bangui. Chauffeurs de taxi-moto, conducteurs de taxi, particuliers et transporteurs patientent parfois plusieurs heures dans l’espoir de faire le plein, selon le Journal de Bangui. Une pénurie qui pèse directement sur le budget des ménages et sur le coût de la vie dans la capitale centrafricaine.
Le litre d’essence, devenu de plus en plus rare, se négocie désormais autour de 1 250 francs CFA, contre 800 francs CFA auparavant, soit une hausse de plus de 56 %. Dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, la pénurie s’accompagne d’une flambée des prix plus marquée encore, le litre pouvant atteindre 3 000 à 5 000 francs CFA selon les localités, une situation qui fragilise particulièrement les zones déjà mal desservies par les circuits de distribution.
Des quotas pour éviter la rupture
Face à la raréfaction des stocks, la société de distribution d’hydrocarbures Petroca a instauré des quotas, limitant les ventes à 15 litres par véhicule et 5 litres de pétrole lampant par personne, afin de prévenir une rupture totale des réserves disponibles.
À cette crise du carburant s’ajoutent les conséquences de fortes pluies qui ont provoqué des inondations dans plusieurs quartiers de la capitale. Dans le 5e arrondissement, l’obstruction des canaux d’évacuation des eaux a été pointée comme la cause principale des débordements, aggravant les conditions de vie de riverains déjà éprouvés par la cherté des carburants et des transports.
Les autorités n’ont pas communiqué à ce stade de calendrier précis pour la résorption de la pénurie, tandis que des voix s’élèvent à Bangui pour réclamer davantage de transparence sur les causes structurelles de cette crise récurrente de l’approvisionnement en carburant.
Ces difficultés d’approvisionnement ne sont pas nouvelles : le Fonds monétaire international avait déjà alerté par le passé sur les risques que ces pénuries répétées font peser sur l’économie centrafricaine, notamment sur le coût du transport de marchandises et, par ricochet, sur les prix des denrées de première nécessité vendues sur les marchés de la capitale.
