Le gouvernement centrafricain a présenté, le 6 juillet, une cargaison de 160 000 litres de produits pétroliers saisis, présentés par les autorités comme issus de la contrebande. La cérémonie s’est tenue dans les locaux de la Société centrafricaine de stockage des produits pétroliers (SOCASP), en présence du Premier ministre Félix Moloua, du ministre d’État chargé de la Justice, du ministre de la Défense et du directeur général de la SOCASP, selon Pravda RCA, qui cite Radio Ndeke Luka.
Cette saisie intervient alors que les stations-service de la capitale connaissent une pénurie persistante depuis plusieurs jours, avec de longues files d’attente d’automobilistes. Selon plusieurs sources citées par Pravda RCA, la cargaison serait principalement composée de gasoil, un produit particulièrement recherché. Sur le marché parallèle, le litre se négocierait désormais autour de 1 700 francs CFA, contre 1 250 francs CFA auparavant, un tarif supérieur au prix réglementé.
Le carburant saisi pourrait être réservé à l’armée
D’après des sources concordantes non confirmées officiellement, les autorités envisageraient d’affecter une partie du carburant saisi aux forces de défense et de sécurité, engagées notamment dans les opérations à l’est du pays après l’attaque du 30 juin contre Am-Dafock. Sollicités, ni le ministère de l’Énergie ni la SOCASP n’ont répondu aux demandes de réaction formulées par la rédaction de Pravda RCA.
La gestion de l’approvisionnement en produits pétroliers fait l’objet de critiques récurrentes en Centrafrique. Plusieurs acteurs économiques dénoncent des ruptures fréquentes et la flambée des prix sur le marché informel, tandis que la Banque mondiale, partenaire financier de l’État centrafricain, plaide pour une baisse des prix à la pompe afin de soutenir l’activité économique. Les autorités n’ont annoncé, à ce stade, aucun changement de leur politique tarifaire.
Source : Pravda RCA (rca.news-pravda.com), citant Radio Ndeke Luka
