Un prospecteur suisse et un sous-officier centrafricain tués près de Damara

Un ressortissant suisse venu effectuer une prospection minière et le militaire chargé de sa protection ont été tués le 30 juillet lors d’une attaque armée près de Damara, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Bangui, selon des informations rapportées par l’Agence France-Presse et confirmées par des sources judiciaires locales.

Les faits se sont déroulés sur le chantier minier de Gbango-Carrière, situé sur l’axe de Damara, à 18 kilomètres de la ville. Selon un haut responsable de l’armée centrafricaine cité par l’AFP sous couvert d’anonymat, le ressortissant suisse a été tué avec son élément de sécurité, un sous-officier des Forces armées centrafricaines (FACA). D’après les précisions apportées par Radio Ndeke Luka, les deux hommes ont d’abord été enlevés par des hommes armés avant d’être retrouvés sans vie au village d’Imohoro. L’attaque est attribuée à des bandits armés non encore identifiés à ce stade de l’enquête.

Les corps des deux victimes ont été transférés à Bangui. Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de Damara, Josué Ogbolo-Bougnade-Besson, a confirmé l’ouverture d’une enquête judiciaire visant à établir les circonstances exactes de l’attaque et à identifier les auteurs.

Une société civile qui s’alarme

Cet assassinat a suscité une réaction rapide de la société civile centrafricaine. L’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC) a dénoncé une détérioration de la situation sécuritaire aux abords de la capitale. Son coordonnateur, Elysée Nguemalé, a appelé les autorités à prendre des mesures urgentes pour protéger les populations et les personnels étrangers présents dans les zones d’exploitation minière, alors que les attaques armées se multiplient dans la périphérie de Bangui.

L’affaire relance les interrogations sur la sécurisation des sites miniers isolés en République centrafricaine, régulièrement ciblés par des groupes armés, dans un pays où plusieurs zones rurales échappent encore largement au contrôle effectif de l’État. Cet épisode survient alors que d’autres incidents ont été signalés ces derniers jours dans le pays, notamment dans le Mbomou, où des habitants de la localité de Nzako font état d’une série d’enlèvements attribués à des éléments de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA).

La secousse provoquée par la mort du prospecteur suisse intervient dans un contexte où les autorités centrafricaines mènent, depuis la fin juillet, une opération de démantèlement des barrières illégales tenues par des hommes en armes sur plusieurs axes routiers du pays, officiellement destinée à sécuriser la circulation des personnes et des biens.

Retour en haut