Il aura suffi d’un drame de trop. La mort d’un homme dans un accident de la route près de Bimbo, à la sortie sud-ouest de Bangui, a poussé deux jeunes Centrafricaines à publier, fin juillet, une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce qu’elles qualifient sans détour d’« hécatombe » routière dans la capitale, rapporte Corbeau News Centrafrique.
L’une des deux femmes, elle-même victime d’un grave accident en 2021 dont elle porte encore les séquelles, décrit un quotidien où la route est devenue, selon ses mots, « une roulette russe ». « À Bangui, quand vous demandez autour de vous, tout le monde est une victime en puissance ou compte un proche blessé ou tué », affirme-t-elle dans la vidéo. Les deux intervenantes dénoncent le mépris affiché par de nombreux automobilistes envers les piétons et les motocyclistes, la circulation à vitesse excessive des cortèges officiels comme des véhicules des forces de sécurité, ainsi que la présence de véhicules vétustes, hors d’état de rouler, qui continuent de circuler sans contrôle.
Un appel à durcir les sanctions
Elles pointent également du doigt un système d’obtention des permis de conduire et des cartes grises qu’elles jugent gangrené par la corruption, entre services des Transports et des Finances. Pour illustrer qu’une autre politique est possible, elles citent l’exemple du Congo-Brazzaville, où la législation a été durcie : un conducteur responsable d’un accident encourt une peine de prison et doit prendre en charge les frais médicaux, la subsistance et la scolarité des enfants de la victime. Les deux jeunes femmes réclament, pour la RCA, une régulation stricte de la circulation, un contrôle technique rigoureux des véhicules, un assainissement des circuits de délivrance des permis et un durcissement des peines contre les chauffards.
Leur prise de parole, largement relayée, remet sur le devant de la scène une question déjà documentée par plusieurs médias centrafricains, qui ont rapporté ces derniers mois d’autres accidents mortels dans la capitale. Elle intervient alors qu’aucune réforme d’ampleur de la sécurité routière n’a, à ce jour, été annoncée par les autorités compétentes.
