Bangui de nouveau paralysée par la pénurie de carburant, le silence des autorités inquiète

Depuis près d’un mois, les files d’attente ne cessent de s’allonger devant les stations-service de Bangui, rapporte Radio Ndeke Luka dans un reportage diffusé le 29 juillet. Conducteurs de motos-taxis, chauffeurs de taxis, automobilistes et transporteurs patientent parfois plusieurs heures dans l’espoir d’obtenir du carburant, sans qu’aucune explication officielle n’ait été apportée par les autorités.

Dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, la pénurie s’accompagne d’une flambée des prix : le litre d’essence s’y négocie désormais entre 3 000 et 5 000 francs CFA, voire davantage selon les localités, contre un tarif officiel nettement inférieur à la pompe lorsque celle-ci est approvisionnée. La ville de Paoua a récemment rejoint la liste des localités frappées par cette crise, selon des informations relayées fin juillet.

Face à la raréfaction du carburant dans les stations, de nombreux usagers se tournent vers des revendeurs informels, où le litre atteint 1 500 francs CFA contre 1 100 francs au tarif réglementé, avec un risque accru de carburant frelaté, parfois coupé à l’eau ou à d’autres produits, selon des témoignages recueillis par la presse locale. Ce marché parallèle prospère malgré les efforts affichés des autorités : début juillet, les forces de l’ordre affirmaient avoir saisi 160 000 litres de carburant frauduleux à Bangui, selon des informations relayées par la presse locale, sans que cela ne semble avoir enrayé la pénurie ni la flambée des prix observées depuis.

Pays enclavé et fortement dépendant des importations de produits pétroliers acheminés via les ports du Cameroun et du Congo, la Centrafrique reste structurellement exposée à ce type de difficultés d’approvisionnement, un phénomène déjà récurrent par le passé et sur lequel des institutions internationales avaient, à d’autres occasions, alerté quant à ses conséquences sur l’ensemble de l’économie du pays.

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