Basse-Kotto : la saison des pluies met à l’arrêt le football local à Mobaye

À Mobaye, chef-lieu de la Basse-Kotto, le ballon ne roule plus. Le championnat local de football, qui rythme habituellement la vie sportive de la préfecture, est interrompu depuis plusieurs semaines. En cause : des terrains rendus impraticables par les pluies. « L’impraticabilité du terrain pendant la saison des pluies nous empêche de jouer », a expliqué Oumar Tchari, secrétaire général de la Ligue de football de la Basse-Kotto, dans un entretien accordé à Radio Ndeke Luka le 7 août.

Cette interruption illustre une réalité largement partagée par le football de province en République centrafricaine : en dehors de Bangui, la plupart des infrastructures sportives ne disposent ni de drainage ni de revêtement adapté à la saison des pluies, qui s’étend généralement d’avril à octobre. Les terrains en terre battue, dès les premières fortes précipitations, se transforment en bourbiers impropres à la compétition, contraignant les ligues locales à suspendre leurs calendriers.

Un football de province en quête de moyens

Au-delà de la question météorologique, le responsable de la ligue de la Basse-Kotto a dressé, selon Radio Ndeke Luka, un état des lieux plus large des difficultés auxquelles est confronté le football local dans sa préfecture : manque d’infrastructures pérennes, moyens financiers limités et désorganisation du calendrier des compétitions. Une situation qui n’est pas propre à Mobaye. Plusieurs ligues provinciales font régulièrement remonter des difficultés similaires, alors que la Fédération centrafricaine de football (FCF) concentre depuis cette année une grande partie de ses réformes sur la nouvelle Super Ligue nationale, basée essentiellement sur des clubs de la capitale.

Cette situation pose la question de l’équilibre entre le développement du football d’élite, avec la professionnalisation en cours du championnat national, et le soutien aux compétitions locales, pourtant présentées comme le vivier naturel des futurs talents des Fauves de Bas-Oubangui, la sélection nationale. En attendant une amélioration des infrastructures ou un retour de la saison sèche, les acteurs du football de la Basse-Kotto devront patienter avant de retrouver les terrains.

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