À Mobaye, dans la préfecture de la Basse-Kotto, les ballons sont restés au vestiaire ces dernières semaines. Le championnat local de football est à l’arrêt, faute de terrain praticable pendant la saison des pluies, une situation détaillée par Oumar Tchari, secrétaire général de la Ligue de football de la Basse-Kotto, dans un entretien accordé à Radio Ndeke Luka début août 2026.
« L’impraticabilité du terrain pendant la saison des pluies nous empêche de jouer », résume le dirigeant sportif, qui dépeint une réalité connue de nombreuses préfectures centrafricaines : en l’absence d’infrastructures drainées ou de terrains stabilisés, les pluies abondantes de la saison rendent les pelouses impraticables, parfois pour plusieurs mois d’affilée, interrompant les compétitions locales et privant les jeunes joueurs de compétition régulière.
Un contraste avec la modernisation à Bangui
Ce coup d’arrêt intervient alors que le football centrafricain tente, à l’échelle nationale, d’engager sa mue. Depuis avril 2026, une Super Ligue à douze clubs a remplacé l’ancienne Ligue de Bangui comme championnat de première division, avec une phase de poules suivie de demi-finales et d’une finale, selon les informations rapportées par Oubangui Médias. L’objectif affiché est de structurer davantage la discipline et d’ouvrir la voie vers les compétitions continentales interclubs, le futur champion devant se qualifier pour la Ligue des champions africaine 2026-2027.
Mais cette modernisation, concentrée pour l’essentiel autour de la capitale, peine encore à irriguer les provinces. À Mobaye comme ailleurs, les ligues préfectorales fonctionnent avec des moyens limités, sans terrain synthétique ni système de drainage, et dépendent largement du bénévolat des dirigeants locaux. Oumar Tchari appelle les autorités sportives à se pencher sur la situation des infrastructures dans l’arrière-pays, condition, selon lui, pour que le football de base puisse continuer à alimenter en talents les sélections nationales.
En attendant le retour de la saison sèche, les jeunes footballeurs de la Basse-Kotto devront patienter avant de retrouver le chemin des stades. Une attente qui illustre, à sa mesure, l’écart persistant entre le football professionnel en construction à Bangui et la réalité du sport amateur dans le reste du pays.
