À l’ancien marché de Combattant, à Bangui, la vente de drogue ne se cache plus. Cannabis, psychotropes et autres produits stupéfiants y sont désormais proposés ouvertement sur les étals, à des prix allant de 100 à 500 francs CFA la dose, selon un reportage de Radio Ndeke Luka publié le 10 août 2026. Une situation qui nourrit une indignation croissante parmi les habitants de la capitale, qui dénoncent une certaine inaction des autorités judiciaires face à ce trafic.
Parmi les vendeurs, Donald affirme vivre de ce commerce depuis quatre ans. « Je vends ces produits pour subvenir à mes besoins et nourrir ma famille. Je peux parfois gagner entre 12 000 et 15 000 francs CFA par jour. Lorsqu’il pleut, les clients viennent nombreux. En revanche, quand le soleil est trop fort, les affaires tournent au ralenti », explique-t-il à nos confrères.
Des conducteurs de moto-taxi parmi les clients
Une partie de la clientèle est composée de conducteurs de moto-taxi. Prince, l’un d’eux, dit recourir à ces produits pour lutter contre la fatigue accumulée au guidon. « Au guidon de ma moto, le sommeil et la fatigue me rattrapent souvent. Je viens donc chercher de quoi me donner l’énergie nécessaire pour continuer à travailler », témoigne-t-il. Certains habitants affirment même que ces substances seraient mélangées au café vendu à la sauvette sur le marché, une accusation fermement rejetée par Anicet, vendeur de café du quartier : « Certains nous accusent de mélanger de la drogue au café pour augmenter les ventes. Mais ce sont parfois les conducteurs de moto-taxis eux-mêmes qui achètent ces produits et nous les apportent pour les mélanger à leurs propres tasses », se défend-il.
Sollicité par Radio Ndeke Luka pour apporter des éclaircissements sur ce trafic qui se déroule, selon le témoignage de riverains, au vu et au su de tous, l’Office centrafricain de lutte antidrogue (OCLAD) n’était pas disponible pour répondre. Pour plusieurs habitants interrogés, la consommation de ces substances par des conducteurs figure parmi les causes possibles des nombreux accidents de la circulation recensés à Bangui ces dernières semaines, un lien qui reste toutefois à établir formellement par une enquête officielle.
