Insécurité : le GTSC hausse le ton face au gouvernement

Le Groupe de travail de la société civile sur la crise centrafricaine (GTSC) a adressé un ultimatum au gouvernement, l’accusant de laisser filer la situation sécuritaire du pays et menaçant, si rien ne change rapidement, d’appeler la population à une mobilisation citoyenne pacifique. Dans sa déclaration, relayée par Corbeau News Centrafrique, l’organisation affirme placer la sécurité des Centrafricains au-dessus des calculs politiques de Bangui et somme les autorités de reprendre en main leur souveraineté sécuritaire.

Le GTSC reproche notamment à l’exécutif d’avoir délégué une partie de la responsabilité de la sécurité du territoire à des partenaires extérieurs, laissant selon lui les frontières et les populations de l’arrière-pays exposées à des attaques répétées. Le message se veut sans ambiguïté : à défaut d’une réaction rapide de l’État, c’est la rue qui, selon l’organisation, portera la revendication.

Un climat régional déjà tendu

Cette sortie intervient alors que le climat sécuritaire régional reste préoccupant. Début juillet, un document attribué à la Coalition centrafricaine pour le redressement (CCR) affichait l’intention d’une offensive de grande ampleur vers la capitale, quelques jours après la prise de la ville d’Am-Dafock, à la frontière soudanaise non loin de Birao, par des groupes armés le 30 juin. Le communiqué de la CCR appelait également des éléments des Forces armées centrafricaines (FACA) à rejoindre ses rangs, une démarche qui a contribué à installer un climat d’incertitude, y compris parmi les représentations diplomatiques et les opérateurs économiques présents à Bangui.

D’autres tensions localisées ont par ailleurs été rapportées début août dans la région de Tiringoulou, entre des unités des FACA et des contingents russes présents sur le terrain, sans qu’un bilan précis n’ait pu être établi à ce stade. Face à ce faisceau de signaux, les organisations de la société civile appellent les autorités à clarifier leur stratégie sécuritaire, tandis que la population de plusieurs localités de l’arrière-pays continue de vivre dans l’incertitude.

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