Groupes armés : l’ONU prolonge son régime de sanctions, entre fermeté affichée et risques pour la réconciliation

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, le 29 juillet 2026, une résolution prolongeant pour un an le régime de sanctions sur les armes visant les groupes armés actifs en République centrafricaine. Il s’agit de la deuxième reconduction annuelle consécutive de ces mesures ciblées, alors que l’ONU avait levé, le 30 juillet 2024, l’embargo sur les armes visant le gouvernement centrafricain tout en maintenant celui visant les groupes armés.

Cette décision intervient dans un contexte de regain de tension : début août, un ressortissant suisse et un sous-officier des Forces armées centrafricaines (FACA) ont été tués dans une attaque près de Damara. L’Observatoire pour la gouvernance démocratique en Centrafrique (OGDC) a dénoncé une « détérioration de la situation sécuritaire » et appelé les autorités à prendre des mesures urgentes pour protéger les populations, selon son coordonnateur Élysée Nguemalé.

Une main tendue fragilisée ?

Pour Thierry Oronfei, ministre conseiller à la présidence, la reconduction des sanctions est une réponse justifiée : « Quand il y a des velléités, ce qui se manifeste aujourd’hui dans l’est et le nord de la République centrafricaine, le Conseil de sécurité doit prendre des mesures afin qu’on ne puisse pas revivre ce que les Centrafricains ont vécu dernièrement. » Le 11 août, un échange entre le gouvernement et les acteurs du processus de paix s’est tenu à Bangui ; le ministre Henri Wanzet Linguissara y a rappelé qu’il fallait « privilégier la main tendue du chef de l’État aux groupes armés ».

Du côté des groupes armés visés — le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), le Parti pour le rassemblement de la nation centrafricaine (PRNC) ou encore l’Armée pour la sauvegarde du peuple (ASP), active près de la frontière soudanaise —, l’accueil est plus critique. Le porte-parole de l’ASP, Aboubakar Sidik, juge l’ONU « déconnectée » des réalités du terrain. Julien Bella, directeur de publication du journal Centrafric Matin, estime pour sa part que les sanctions « jouent leur rôle » mais redoute qu’elles finissent par détourner certains groupes de l’accord de paix signé en février 2019. Le porte-parole intérimaire de la Minusca, Vladimir Montéïro, a précisé que cette résolution ne concernait pas le mandat de la mission onusienne.

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