Près de 670 nouveaux militaires ont rejoint les rangs des Forces armées centrafricaines (FACA) à l’issue d’une cérémonie organisée le 10 août au camp Kassaï de Bangui, en présence du président Faustin-Archange Touadéra. Cette cinquième promotion se compose de deux contingents formés avec l’appui d’instructeurs de l’armée rwandaise : 566 recrues, dont 53 femmes, ayant suivi vingt-trois semaines de formation militaire de base, et 104 élèves sous-officiers administratifs, dont neuf femmes, formés pendant dix-huit semaines.
Le chef d’état-major des armées, le général Zéphirin Mamadou, a remis le drapeau national aux jeunes soldats, tandis que le général-major Vincent Nyakarundi, représentant les Forces de défense rwandaises, a salué une coopération militaire qui s’inscrit dans la durée entre Bangui et Kigali. Selon les autorités centrafricaines, les effectifs des FACA, estimés à environ 3 000 hommes en 2016, dépasseraient aujourd’hui 25 000 militaires, avec un objectif affiché de 50 000 hommes à l’horizon 2040.
Un régime de sanctions internationales reconduit
Cette montée en puissance de l’armée intervient alors que le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté, le 29 juillet, une résolution prolongeant pour un an l’embargo sur les armes visant les groupes armés centrafricains, une deuxième reconduction consécutive. Cette décision survient dans un contexte où plusieurs groupes, dont le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique et le Parti pour le rassemblement de la nation centrafricaine, sont accusés de chercher à se réarmer. À la présidence, le ministre-conseiller Thierry Oronfei a salué une réponse jugée nécessaire face aux « velléités » observées dans l’est et le nord du pays.
D’autres acteurs du processus de paix appellent toutefois à la prudence. Le directeur du Centrafric Matin, Julien Bella, estime que ces sanctions jouent leur rôle mais redoute qu’elles finissent par éloigner certains groupes armés de l’accord de paix signé en février 2019, qui prévoit lui aussi des mesures côté gouvernemental.
