Sur le terrain poussiéreux de Kpalongo, à Bangui, une trentaine d’enfants se retrouvent chaque jour après l’école pour taper dans un ballon, souvent le même depuis des mois. L’école de football « Port de Douala » continue d’y former de jeunes footballeurs malgré un manque criant de matériel, selon un reportage publié le 11 août par Oubangui Médias. Ballons crevés, maillots dépareillés, absence de chasubles ou de plots : les éducateurs improvisent avec les moyens du bord pour maintenir les entraînements.
Cette structure de quartier, portée par des bénévoles, s’est donné pour mission de repérer et d’encadrer de jeunes talents dans un pays où les infrastructures sportives publiques restent rares et vétustes. Faute de subventions régulières, les responsables de l’école ont lancé un appel à l’aide, espérant mobiliser des donateurs privés, des entreprises locales ou la diaspora centrafricaine pour renouveler leurs équipements de base.
Un maillon local d’une chaîne fragile
Ce type d’initiative constitue, dans bien des quartiers de la capitale, le premier échelon d’une filière censée alimenter à terme les clubs professionnels puis la sélection nationale. Mais l’écart entre ces structures de terrain et les moyens dont dispose la Fédération centrafricaine de football (FCF) au niveau des équipes nationales illustre les difficultés structurelles du football centrafricain, où les meilleurs espoirs partent souvent très jeunes rejoindre des académies à l’étranger, faute de filière de formation solide sur place.
Les encadrants de « Port de Douala » assurent vouloir maintenir les séances coûte que coûte, misant sur la détermination des jeunes joueurs plutôt que sur des moyens qu’ils n’ont pas. Reste à savoir si cet appel, relayé sur les réseaux sociaux et par la presse locale, trouvera un écho suffisant pour doter durablement l’école en ballons, en tenues et en équipements de base, à l’approche d’une nouvelle saison de compétitions de jeunes à Bangui.
Cette situation, loin d’être isolée, reflète celle de nombreuses écoles de football amateurs à travers le pays, qui fonctionnent essentiellement grâce à l’engagement personnel d’entraîneurs peu ou pas rémunérés.
