Justice : la Cour d’appel de Bangui ouvre sa première session criminelle de 2026

La Cour d’appel de Bangui a entamé, le lundi 3 août, sa première session criminelle de l’année 2026. Pendant près d’un mois, jusqu’au 31 août, la juridiction doit examiner une trentaine de dossiers mettant en cause plus de quarante accusés, parmi lesquels figure une femme, poursuivis pour des faits allant du viol au détournement de deniers publics, en passant par le meurtre, l’assassinat et le vol à main armée.

Les personnes jugées lors de cette session sont détenues depuis leur inculpation dans les maisons d’arrêt de Ngaragba et du Camp de Roux, ainsi qu’à la prison pour femmes de Bimbo. Cette ouverture était particulièrement attendue après les reports enregistrés lors des sessions criminelles précédentes, plusieurs affaires ayant été renvoyées à la suite d’exceptions de procédure soulevées par les avocats de la défense, qui dénonçaient des irrégularités dans l’instruction de certains dossiers.

Un test pour l’appareil judiciaire

Cette fois, le parquet général se veut rassurant : selon les autorités judiciaires, l’ensemble des affaires inscrites au rôle a fait l’objet des vérifications nécessaires et serait désormais juridiquement prêt à être examiné par la Cour. Au-delà du sort individuel des accusés, cette session constitue un test pour le fonctionnement de la justice centrafricaine, régulièrement critiquée pour la lenteur de son traitement des dossiers criminels et l’allongement des détentions provisoires qui en résulte.

Les décisions qui seront rendues dans les prochaines semaines seront suivies de près, tant par les familles des victimes que par les organisations engagées dans la promotion de l’État de droit, dans un pays où la lutte contre l’impunité reste un enjeu majeur. La question du financement des sessions criminelles, régulièrement pointée comme cause des retards accumulés par le passé, continuera par ailleurs de conditionner la régularité de la tenue de ces audiences dans les années à venir.

Pour les avocats de la défense comme pour les parties civiles, cette reprise représente aussi l’occasion de solder un stock de dossiers parfois vieux de plusieurs années, durant lesquelles des prévenus ont pu rester en détention provisoire sans jugement. Ce phénomène, documenté de longue date par les organisations de défense des droits humains présentes en Centrafrique, continue d’alimenter les critiques sur l’engorgement chronique du système pénitentiaire et judiciaire du pays, en dépit des efforts affichés par la Cour d’appel pour rattraper le retard accumulé sur les sessions précédentes.

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