Centrafrique : la Super League, pari inédit pour professionnaliser le football national

Pendant des décennies, faute d’un championnat national organisé, la Ligue de Bangui a fait office de compétition de référence pour le football centrafricain. La Fédération centrafricaine de football (FCF) a tenté d’y mettre fin en lançant, pour la saison 2025-2026, la première édition de la Super League, un championnat national de première division réunissant douze clubs, issus de Bangui mais aussi d’autres localités du pays, selon le site d’information Ndjoni Sango.

La compétition, qui s’est déroulée entre avril et juin 2026, repose sur une phase de championnat régulier suivie d’un tour final : les quatre meilleures équipes de la phase initiale se sont affrontées en demi-finales avant une finale désignant le champion. L’objectif affiché par la fédération est double : donner enfin une colonne vertébrale nationale au football centrafricain et amorcer sa professionnalisation, afin de le rendre financièrement viable pour les joueurs eux-mêmes, souvent contraints de cumuler un autre emploi faute de rémunération suffisante.

Cette réforme intervient alors que le football centrafricain traverse une période délicate. L’équipe nationale, engagée dans les éliminatoires de la CAN 2027, ne dispose toujours pas de stade homologué par la Confédération africaine de football, et sa gestion a été plusieurs fois critiquée, entre ingérences dénoncées dans le choix du sélectionneur et retards récurrents dans le versement des primes aux joueurs lors de déplacements internationaux. En structurant un championnat national digne de ce nom, la FCF espère aussi mieux détecter et former les talents locaux appelés, à terme, à alimenter la sélection nationale.

Reste à savoir si cette première édition, dont l’issue sportive n’a pas encore été confirmée par une source vérifiable, sera reconduite dans la durée. L’enjeu est aussi financier : l’organisation d’un championnat à l’échelle du pays suppose des déplacements coûteux entre clubs de province et de la capitale, dans un contexte où les infrastructures routières et sportives restent, dans de nombreuses régions, très dégradées.

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