Au marché central de Bimbo, en périphérie de Bangui, la saison des chenilles bat son plein. Ce mets très prisé en République centrafricaine fait vivre de nombreux ménages pendant plusieurs semaines chaque année. Mais ce commerce saisonnier s’appuie aussi, largement, sur le travail d’enfants, selon un reportage diffusé le 7 août par Radio Ndeke Luka.
Pendant les vacances scolaires, nombre d’entre eux passent leurs soirées au bord des routes pour vendre des chenilles au profit de leurs parents, une pratique que des organisations de défense des droits de l’enfant dénoncent comme une forme d’exploitation économique, selon la même source.
Une pratique ancienne, un cadre juridique fragile
Le travail informel des enfants pendant les périodes de vacances scolaires reste une réalité répandue en Centrafrique, en particulier dans les activités commerciales saisonnières comme la vente de produits alimentaires ou agricoles. Si le code du travail centrafricain fixe des restrictions sur le travail des mineurs, leur application reste largement limitée dans le secteur informel, qui représente l’essentiel de l’activité économique du pays.
Pour de nombreuses familles à Bimbo, la vente de chenilles constitue un revenu d’appoint difficilement compressible, dans un contexte économique marqué par la pauvreté et l’absence d’alternatives de garde ou d’activités encadrées pour les enfants durant les vacances. La tension entre nécessité économique immédiate des ménages et protection de l’enfance illustre une difficulté plus large, à laquelle sont confrontées de nombreuses familles centrafricaines en dehors des grands centres urbains.
La période des vacances scolaires, qui coïncide chaque année avec le pic de la saison des chenilles dans plusieurs régions du pays, accentue mécaniquement ce phénomène : sans école pour occuper leurs journées, de nombreux enfants issus de familles modestes se retrouvent mobilisés par leurs parents pour des activités génératrices de revenus. Les organisations de défense des droits de l’enfant appellent régulièrement les autorités locales à renforcer la sensibilisation des familles, sans pour autant proposer, à ce stade, d’alternatives structurées de prise en charge des enfants durant cette période.
