Internet illégal : Bangui à la chasse aux fournisseurs clandestins de kits Starlink

L’Agence de régulation de la communication électronique et de la poste (ARCEP) a lancé mercredi 12 août 2026 une vaste opération de contrôle contre l’utilisation illégale de kits de connexion Starlink et de services Wi-Fi non déclarés dans plusieurs quartiers de Bangui. Les équipes de l’ARCEP se sont rendues dans les quartiers de Damala, Benz-Vi et Miskine, ainsi qu’aux ronds-points Don Bosco et Marabéna.

Selon le ministre de l’Économie numérique et de la Poste, Roger Andjalandji, cette opération vise à ramener de l’ordre dans un secteur resté largement informel : « Il y a eu, me semble-t-il, un peu d’anarchie. Les gens se sont installés à leur niveau et ont fait ce qu’ils voulaient. Je crois que tout cela est désormais terminé. Au niveau du département, nous avons estimé nécessaire de donner instruction à l’autorité de régulation de faire le point et d’identifier, dans l’ensemble de la ville de Bangui, tous les points de fourniture de services d’accès à Internet qui ne sont pas répertoriés dans les registres de l’autorité de régulation. »

Un marché resté largement informel

Sur le terrain, les réactions des opérateurs contrôlés oscillent entre bonne volonté et surprise. À Benz-Vi, Odilon Yakoro, promoteur de l’entreprise Global IT, reconnaît ne pas avoir respecté les règles mais regrette l’absence d’avertissement préalable : « Même si nous n’avons pas véritablement respecté les principes, la moindre des choses aurait été de nous convoquer afin que nous puissions régulariser notre situation. » Au rond-point Marabéna, Pierre Sépamio, responsable de l’entreprise SEPS, dit avoir découvert l’obligation d’enregistrement à l’occasion du contrôle : « J’ai été surpris par cette opération. Je n’avais pas été informé qu’il fallait s’enregistrer auprès de l’autorité de régulation pour utiliser les kits Starlink. Nous allons nous conformer à la loi. »

L’ampleur du phénomène donne la mesure du défi : selon le ministère, plus de 3 000 personnes utiliseraient actuellement des kits Starlink pour fournir un accès à Internet de manière non déclarée en République centrafricaine, contre seulement 200 utilisateurs enregistrés auprès de l’ARCEP. Le ministre a annoncé que l’opération de contrôle serait progressivement étendue aux villes de province.

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