Deux incidents distincts, survenus à quelques jours d’intervalle dans la préfecture de la Vakaga, à l’extrême nord-est du pays, ont mis en cause le comportement d’éléments des Forces armées centrafricaines (FACA), selon Corbeau News Centrafrique (CNC).
Le premier s’est produit le vendredi 14 août à Sikikédé. Des éléments du groupe paramilitaire russe Wagner, arrivés de Birao pour une opération dont la nature n’a pas été précisée, étaient présents dans la localité. Un soldat FACA originaire de Sikikédé a demandé à un milicien d’autodéfense local, également originaire de la ville et formé par Wagner, de lui céder sa moto afin que les éléments russes puissent poursuivre leur déplacement. Le milicien a refusé. L’échange s’est envenimé et des coups de feu ont retenti à plusieurs endroits du village, semant l’inquiétude parmi la population. Selon CNC, aucun blessé n’a été signalé ; des combattants de Wagner présents sur place sont intervenus pour mettre fin à la confrontation.
Un différend commercial qui dégénère
Le second incident a eu lieu les 15 et 16 août à Tiringoulou. Un soldat FACA se serait rendu chez un commerçant local, identifié par CNC sous le nom de Mahamat, pour acheter deux bouteilles de jus de fruits à 750 francs CFA l’unité. Un désaccord sur le paiement aurait dégénéré en agression physique contre le commerçant. Le lendemain matin, le même soldat serait revenu armé devant la boutique et aurait ouvert le feu en direction du commerce. Conséquence directe de cet épisode : le marché local est resté fermé et l’activité commerciale de la ville a tourné au ralenti, selon CNC.
Ces deux épisodes surviennent dans un contexte de tensions rapportées ces dernières semaines entre certains éléments des FACA et les forces paramilitaires russes présentes dans le nord-est du pays. Dans un article distinct, CNC évoque même un « divorce consommé » entre soldats FACA et mercenaires du groupe Wagner dans la région, sans que cette expression ne soit reprise ni confirmée par une source officielle. Les autorités n’ont pas communiqué publiquement sur les deux incidents de Sikikédé et de Tiringoulou à ce stade, et aucune sanction disciplinaire n’a été annoncée à l’encontre des militaires impliqués.
